Dumoulin, un champion

 

Guy Dumoulin

 

Après dix années de prestations de niveau (sans le nom prestigieux) NASCAR, Guy Dumoulin de Terrebonne réalise un rêve : il court aujourd'hui avec deux bolides en classe NASCAR Cummins Pro-Truck.

 

Par : Yvan Lavoie

 

Il était du monde de la course automobile avant que la piste de Saint-Eustache existe, raconte à son sujet le président de l’Association nationale des coureurs automobiles (ANCA), Yves Ladouceur. « Il a déjà  roulé sur le toit la moitié d'une piste de Saint-Eustache; la foule était débout », se rappelle Ladouceur. « Un coureur qui a fréquenté les meilleurs et qui est l'un d'eux », affirme volontiers le président de l'ANCA.

 

Un ami des légendes en Stock Car

Il a couru en ACT (Americain Canadian Tour) avec des bolides semblables au LMS NASCAR au Québec et même contre une légende du Stock Car, Jean-Paul Cabana, qui l'aidait. « Il est venu se coucher avec moi dans la bouette à Plattsburgh pour me montrer comment ajuster une transmission pour qu'elle ne débraie pas », se souvient Guy Dumoulin.

 

Il a obtenu une 4e place en qualifications en 1989 contre des Butch Miller, Randy Mcdonnald, aujourd’hui des grands noms américains qui roulent à 200 miles à l’heure sur les plus grands circuits. « Les Québécois n'avaient pas le budget de  400 000 $ par année pour les suivre. Maintenant, avec la venue de NASCAR au Québec, tout change », explique-t-il, ajoutant : « Les entreprises prennent le virage si précieux pour le soutien des champions qui, en retour, leur assurent une visibilité. » D’ailleurs, Construction Benoît Cousineau, de Terrebonne,  commandite le champion.

 

Voyager la nuit, courir le jour

« Nous avons parcouru l'Amérique du Nord à la conquête d'une place pour les  Québécois dans le monde. Des nuits, se rappelle-t-il, à parcourir avec un bolide et une remorque de fortune les pistes du nord-est des États-Unis, Plattsburgh, Saint-Félicien, Sainte-Croix. Il fallait tout faire : la mécanique, le cosmétique du bolide, tant de fois un peu, beaucoup égratigné, et puis piloter des centaines de tours de piste avec ce qui nous restait de forces. »

 

Développer un sixième sens

« Non, je n'ai jamais lâché, bien au contraire. La raison en est simple, explique-t-il : tout devient un peu plus facile d'un cinq ans à l'autre. On connaît les pistes que l'on pourrait courir les yeux fermés. C'est maintenant au son que l'on repère un ennui mécanique avec précision, en roulant plein gaz. »

Loin d’être prétentieux, la modestie impose à celui qui risque sa vie chaque fois de ne rien tenir pour acquis. « En plus, souligne le vétéran, les gars autour aussi évoluent, offrent une solide résistance sur une piste. » Si bien que les championnats que Guy Dumoulin a accumulés lui procurent moins de challenge et de plaisir que de se mesurer aujourd'hui à des champions plus nombreux.

 

Pas de panique avec les  retardataires

Les nouveaux qui deviennent rapidement des retardataires et même des dangers sur une piste ajoutent au challenge. « N'allez pas croire que le nouveau ou retardataire nous ennuie. Bien au contraire, on peut s'en servir pour '' bâdrer'' un leader, les lui lancer en plein dans le... pare-chocs arrière », finit-il par lancer avec le sourire et l’air détendu qui font sa marque de commerce. 

 

Suzanne Lahaie adore les courses. Elle a vu partir Dumoulin dernier et terminer premier contre 19 solides concurrents. « On n’oublie pas ces choses-là », dit-elle. Elle assure les chronos pour Guy Dumoulin. « Tous les vendredis, témoigne-t-elle, j'apprends la technique. On se stimule et on s'encourage. Je n’ai pas peur d'avoir les mains noires et maintenant, je peux résoudre mes propres ennuis mécaniques sur la route! »

 

« Nous avons une belle équipe : Michel Leclerc, Réal Gagné, Rosaire Dumoulin.  Guy, c'est la bonté même. Il a toujours une solution. Il n'a pas de morceau? Il en invente un, c'est aussi simple que ça », résume-t-elle.

 

Source : La Revue de Terrebonne, http://www.larevue.qc.ca

             Texte d’Yvan Lavoie